Inflexions N°35 Le Soldat Et La Mort Mai 2017Inflexions N°35 Le Soldat Et La Mort Mai 2017

Inflexions N°35 Le Soldat Et La Mort Mai 2017

COLLECTIF

Editeur : INFLEXIONS
Date de parution : 01/05/2017
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Thomas, membre du CPA 10, engagé dans l'opération Barkhane, est mort au combat au Mali, dans le massif du Tigharghar, le 29 octobre 2014. Sa mère, chercheuse de profession, porte témoignage ici pour la première fois de la façon dont ce décès a bouleversé sa vie. Rien ne s'arrête plus quand une personne vient à mourir. Pire : le transport des cadavres est désormais considéré comme une nuisance. Cette manière « moderne » de mourir remet en cause le programme de l'humanisme. Si nous n'aménageons plus un moment de répit partagé face à la tragédie de notre finitude inéluctable, ne remettons-nous pas en cause l'affirmation de notre liberté ? La mort au front nie la mort en s'exténuant elle-même dans une ultime élévation à une vie plus haute. La bravoure guerrière atteint alors un sommet indépassable : la conversion de sa vie charnelle en pure énergie. Savons-nous encore lire ce qu'Ernst Jünger et Pierre Teilhard de Chardin ont révélé de leur expérience du front pendant la Grande Guerre ? Blaise Cendrars écrivait : « Le métier d'homme de guerre est une chose abominable et pleine de cicatrices, comme la poésie. » Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Français connaissent une exceptionnelle période de paix sur leur territoire, à peine troublée par le souvenir des poilus encore présent dans les mémoires familiales. Disparaît ainsi la connaissance, même fragmentaire et floue, de la guerre. D'où la nécessité d'un retour sur le terrain des combats, là où l'individu vit sous la constante menace de sa mort imminente. Le vol du frelon est pour Maurice Genevoix ce bourdonnement macabre qui suit sa vie durant le soldat qui a « sauvé sa peau », mais a vu, en face, le néant de la mort. À partir d'une décoction d'expériences opérationnelles, quelques traits caractéristiques qui encadrent la question du syndrome post-traumatique Avec la professionnalisation et l'engagement de l'armée loin du territoire national se révélait la spécificité du métier des armes : un rapport singulier avec la mort, non pas tant la mort auquel le soldat est exposé que celle qu'il peut être conduit à donner. Rédigé voici bientôt vingt ans, le texte reproduit ici est au cœur du sujet de ce numéro et n'a pas pris une ride. Le risque de mourir est un phénomène incompressible. Plus on le réduit pour ses soldats, plus on le transfère aux autres, ennemis, alliés et même civils. Ce qui peut engendrer en retour une inefficacité stratégique et des situations absurdes où les soldats de deux camps ne se combattent plus directement et finissent par faire prendre plus de risques aux civils qu'à eux-mêmes. 20 janvier 2012 : un membre de l'armée nationale afghane ouvre le feu sur des soldats français à l'intérieur de la base de Gwan. L'auteur a recueilli de nombreux témoignages de ces soldats et médecins confrontés à la mort de leurs camarades dont elle livre ici quelques extraits. Tuer un camarade, un frère d'arme, est sans doute l'un des pires tourments émotionnels auquel un homme puisse être confronté. À partir du récit de cas concrets, l'auteur s'interroge sur l'action du « psy » et affirme que la malédiction n'est pas la règle. De retour du feu, nombre de soldats ne supportent plus la violence et sont désormais incapables de tuer, victimes d'un état de stress post-traumatique. Et si le trauma était un mécanisme de sauvegarde de l'espèce ? Immenses tableaux d'honneur, les monuments aux morts énumèrent les noms de ceux déclarés « morts pour la France » et s'élèvent en dernier rempart contre l'oubli. Après la Grande Guerre, l'universalité de l'hommage est inédite, puisqu'il s'étend jusqu'au niveau communal tandis que corporations, associations et organismes religieux l'amplifient.De la cérémonie du 11 novembre 1920, durant laquelle le Soldat inconnu fut amené à l'Arc-de-Triomphe, jusqu'au dernier anniversaire de l'Armistice en novembre 2016, les chefs d'État successifs ont prononcé des discours de commémoration dans lesquels le soldat mort pour la France tient une place variable, marque du rapport de la société et des politiques avec celui-ci. Comment le Canada honore-t-il ses enfants morts au combat ? Explications et témoignage d'un lieutenant-colonel du Royal 22e Régiment, qui a perdu des hommes en Afghanistan. Sidi Brahim, Camerone, Bazeilles. Pourquoi des chefs d'exception ont-ils choisi ces combats perdus plutôt que des victoires pour magnifier et symboliser l'âme du chasseur, du légionnaire et du marsouin ? Et comment comprendre la transformation récente de ces commémorations en spectaculaires et gigantesques liturgies, célébrant le sacrifice du soldat comme une eucharistie ? Jardins de pierre n'est ni le meilleur des Coppola ni le plus grand film de guerre. Mais il aborde des thématiques fortes dans un contexte jusqu'alors inédit. C'est un film de guerre sans combat ni héros ; un film sur le deuil et les rites qui l'accompagnent ; un film qui interroge sur la façon dont une nation traite dans l'espace public la mort de ceux qui ont choisi de la servir.
Répondant au désir d'un grand nombre de familles endeuillées par la Grande Guerre, la République française démobilisa les soldats « morts pour la France ». Dans les années 1920, des milliers de cercueils parcoururent donc le territoire national, métropole et colonies, avant de trouver leur dernière demeure et y être honorées avec faste par leurs proches et l'ensemble de la communauté en deuil. L'État islamique prend la musique pour cible : associée à l'impureté et à l'égarement, elle fait l'objet d'interdictions et de violences multiples. Pourtant, il travaille sa propre présence sonore de façon particulièrement élaborée, au point de se doter d'une industrie de chants salafistes-djihadistes. Comment les sons deviennent-ils des instruments de la guerre ? Le mot « valeurs » est piégé. Or, en examinant la manière dont cette notion est employée au sein des armées, il apparaît que l'institution militaire n'échappe pas aux difficultés posées par cette notion fourre-tout qui contribue à l'isoler. Utilisons donc les bons mots ! Août 1995. Le général Bachelet prend le commandement de la FORPRONU du secteur de Sarajevo. Le siège de la ville est alors à son paroxysme. Il prend fin quatre mois plus tard. Mais malgré la réussite de sa mission, le général est rappelé à Paris, accusé de soutenir la cause des Serbes de Bosnie. Vingt ans plus tard, il publie souvenirs et analyses de ces quatre mois dans un magnifique livre. Inflexions en propose une lecture à trois voix. 
Informations
Editeur : INFLEXIONS
Date de parution : 01/05/2017
ISBN : 3663322095726
Largeur : 160mm
Hauteur : 240mm
Poids : 0.455Kg
Nombre de pages : 248

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